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Les plaisirs de l'aquarelle

Et un Sourire - Paul Eluard

 

L'aquarelle (30,5 x 45,5 cm)

 

Dans une aquarelle précédente, j’ai tenté la peinture indirecte de Roland Roycraft.  Vous m’avez encouragée et je vais poursuivre l’expérience.

Peinte en 2009, ma poésie préférée, "Et un sourire" de Paul Eluard, a été détériorée par à la lumière, les pigments pour soie, n’étaient pas fixés. 

http://annieb.over-blog.com/2009/03/et-un-sourire-de-paul-eluard.html

Je récidive, sur un bloc Fabriano Artistico Extra White, grain fin, 300 g/m².

Peu experte en calligraphie, j'ai choisi l'écriture scripte, au feutre Pitt dark sépia de Faber-Castell, en utilisant une technique mixte, aquarelle et pastels gras. 

Le dessin, imaginaire, est issu de certains mots de la poésie. 

Pour préserver des blancs : la gomme à masquer et un pastel à l’huile blanc. Les couleurs versées sont celles du sujet précédent, bleu cobalt, rouge magenta et jaune citron, auquels j'ai ajouté gris de Payne, bleu de Prusse et brun de Mars. 

Les montants des fenêtres, trop blancs, sont recouverts de pastel gras brun. La femme est volontairement peu visible, comme dans un rêve. 

Les nuits sont longues... prise en photo de nuit et retravaillée pour vous donner une idée, elle est en réalité moins sombre, l'extérieur plus bleu, les bruns plus clairs, mais le centre est assez juste bien que le texte soit net.

Je la reprendrai bientôt, à la lumière du jour. Qu’en pensez-vous ? 

 

1ère étape, prise la nuit

 

Krin : J'avoue que je ne vois pas l'apport du pastel à l'huile, je trouve même que les montants de fenêtre auraient été mieux à l'aquarelle... avis tout personnel. 

Pour la femme peu visible, comme dans un rêve, pourquoi pas, mais pourquoi ce buste flottant ? Perso, ça me gène, ça fait statut qui flotte...

J'aime bien comment tu as traité la lampe et le raie de lumière qui en est issu, ça rend bien, même si c'est un peu trop net par rapport à la réalité.

 

Au départ, je pensais la traiter comme la précédente, figurant les montants des fenêtres à la peinture un peu écaillée, en pastel gras blanc et aquarelle brun. Je me suis aperçu que c'était trop blanc, impossible alors de recouvrir d'aquarelle, puisque c'est gras. J'ai donc posé un brun en pastel gras, mais je suis d'accord avec toi, ce serait mieux en aquarelle.

Pour la femme, je reste hésitante, je pensais aux femmes de Marc Chagall flottant en l'air, mais je peux très bien prolonger le buste, si nécessaire.

En tout cas, merci Krin, et en attendant d'autres avis, la voici prise de jour :

 

1ère étape, prise le jour

 

Georges : J'aime bien l'ambiance, les vitres sont réussies et la lumière artificielle aussi. Je pense, comme Krin, que tu devrais faire le personnage complet.

Pour ma part, je foncerais le garde-fou de la fenêtre, car ce que l'on voit est l'extérieur de ce garde-fou et il est en contre-jour.

Qu'elle est l'intérêt d'utiliser des pastels gras ?

L'idée d'imager un poème est excellente, j'aime beaucoup, ce poème est très beau. Merci, Annie, pour le partage de cette expérience !

 

Ce matin, j’ai gratté les montants des fenêtres, pour enlever le pastel gras au maximum. Ensuite, j’ai passé un succédané d’essence de térébenthine (sans odeur) pour homogénéiser l’ensemble. Le papier est toujours imperméable à l’aquarelle, mais le pastel gras est devenu discret et plus clair.

Le personnage va prendre racine dans la pièce, comme vous me le conseillez, Krin et toi, Georges  Pour le garde-fou, je te rejoins aussi, il est bien trop clair, pour un contre-jour, et je vais même le peindre en bleu nuit. Merci pour ces bons conseils !

Pourquoi utiliser le pastel gras ? Tout simplement, le plaisir d’expérimenter me démange ! Mon but en peinture, c’est la détente et le plaisir, pour moi, bien sûr, ...

mais aussi pour tous les amis qui s’y intéressent ! 

 

Le lendemain : La voici, paisible, une main tendue, une main ouverte... et invisible. Je n’avais pas choisi d’en faire une icône, elle me fait penser à la Vierge Marie. Un comble, pour une agnostique comme moi ! 

Le garde-fou a foncé avec la nuit, les montants des fenêtres ont pris l’aspect que je souhaitais au départ. Plus clairs, le pastel gras leur donne des veinures, comme celles d'un bois qui aurait vieilli.

Oui, Georges, j’adore imager un poème, cela me change du réalisme habituel, tout en n’étant pas encore abstrait. L’imagination travaille, ce qui n’empêche pas de réinvestir ce qu’on a appris.

 

 

Aquarella : Très poétique et joli résultat. Bravo !

Alizarine : Très original, j'aime beaucoup. C'est une approche qui te convient bien.

Evelynerigal : Une belle imagination , j'aime beaucoup ! 

Anna : Très belle illustration de ce beau poème, très original !

Mich : Une belle réalisation pour illustrer ton poème préféré. Tu es très créative.

 

Je me rends compte que, même en personnalisant, copier une photo me limite trop. L'abstrait m'intéresse, tout part de soi avec la sensation de créer vraiment, mais là, je n'ai encore rien fait de bon. Alors, j'essaie d'exploiter mes coups de cœur, comme ici, en réinvestissant ce que j'ai appris.

Chacun peut être original, mais cela demande un autre effort qu'imiter le réel. Merci à toutes pour vos encouragements  

 

Charlène : Personnellement, j'aimais mieux les fenêtres non grattées, car elles étaient de ce fait très, très, sombres et rendaient l'intérieur de la pièce plus lumineux et chaleureux. 

Mais c'est très joli, de toute façon, j'aime vraiment l'idée de mettre ainsi en scène ton poème fétiche.

 

C'est aussi mon avis, j'aurais dû n'utiliser que l'aquarelle. Merci Charlène !

 

Arthurelle : Je trouve très intéressant ces expériences de techniques mixtes, merci Annie. Contrairement à Krin et Georges, je n'aurais pas continué le buste jusqu'en bas, car au départ, tu disais que c'était comme dans un rêve, et là, je trouve que ça lui enlève ce côté, car ça devient plus réel. 

Mais c'est une opinion très très personnelle.

Si on ne tient pas compte du côté rêve, alors là, je suis tout à fait d'accord avec eux. Peut-être y aurait-il autre chose à faire pour démontrer l'effet que tu voulais donner ??? Ceci dit, tu ne peux rien changer, c'est plutôt un questionnement que je fais tout haut...

 

Depuis plusieurs mois, cette aquarelle dort en bas d'un placard, c'est comme si elle n'existait plus. J'ai bien du mal à m'y replonger, mais une chose est sûre, elle m'a déçue sans que je sache expliquer pourquoi.

La femme me fait l'impression d'une icône, même avec un buste pâli. Et je trouve que l'aquarelle illustre mal la poésie, il y a trop de choses, la nuit, la fenêtre ouverte et éclairée, la femme, mais pas ce qu'il faudrait. Au départ, je voulais peindre des yeux attentifs, une main ouverte, mais je n'ai pas trouvé de photos qui conviennent.

Quand à la technique, ni l'aquarelle, ni le pastel gras, n'en sortent valorisés, donc bilan négatif.

Merci Arthurelle, mais ce que je préfère, c'est la recherche, l'imagination, ne pas peindre ce que je vois, en photo ou réel, mais une idée.

 

Arthurelle : Tu sais, Annie, il m'arrive très souvent de faire des expériences ratées, mais je crois que ça fait partie de la recherche, du plaisir et de l'apprentissage. 

Pour ton aquarelle, peut-être que celle-ci t'aidera à en refaire une autre qui correspondra plus à ce que tu recherches.

 

C'est mon état d'esprit, Arthurelle, mes aquarelles sont des expériences et leurs corrections m'aident à progresser. Certaines sont plus réussies et tant mieux, mais c'est surtout le chemin qui m'intéresse, pas l'objet final. Sauf qu'une aquarelle qui a du succès, je peux l'offrir, c'est une satisfaction !

 

Charlène : Oui, c'est agréable d'offrir ! Mais si on en loupait pas quelques-unes, les réussites n'en seraient plus ! 

 

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Extraits de "Eluard, Paul" Encyclopédie Microsoft® Encarta® 2002

Paul Eluard voit le jour en banlieue parisienne en 1895. Mobilisé en 1914, au début de la 1ère Guerre mondiale, il devient infirmier militaire. Ses premiers poèmes révèlent son horreur de la guerre.

En 1919, il s'engage dans le surréalisme et montre un vif intérêt pour les arts  plastiques, notamment la photographie et la peinture. Ses recueils sont souvent illustrés par des artistes surréalistes, auxquels il consacre des poèmes (Pablo Picasso). Il affirme aussi son goût et son respect pour la poésie du passé et s'impose comme le poète de l'amour et des émotions.

Sa relation tourmentée avec Gala, sa première épouse, lui inspire un recueil. Elle le quittera pour Salvador Dalí en 1930.

Au cours d'un voyage, il rencontre Maria Benz, dite Nusch, sa nouvelle épouse et sa muse. Sa mort brutale, en 1946, le plonge de nouveau dans le désespoir. Il se remariera en 1949 avec Dominique (Odette Lemort), saluant cette renaissance dans un nouveau recueil, en 1951. Pour Eluard, le poème d'amour est une célébration, la Femme, son inspiratrice, lien entre le monde et l'univers poétique.

Entré au Parti communiste en 1926, il en est exclu en 1933, mais il continue à militer pour une poésie sociale et accessible à tous. Il rompt avec le surréalisme en 1938, pour revenir ensuite définitivement dans les rangs du Parti communiste.

Après le massacre de Guernica en 1937, il prend position en faveur de l'Espagne républicaine, puis s'engage dans la Résistance. Membre d'un réseau clandestin, il  fait de la poésie l'instrument d'un combat contre la barbarie en publiant plusieurs ouvrages, dont le célèbre poème "Liberté", largué par les avions de la RAF en milliers de tracts sur la France occupée.

Après la guerre, il poursuit dans la voie de la poésie politique pro communiste. Dans ses écrits politiques, comme dans les autres recueils de cette période, Eluard continue à utiliser une écriture tout à la fois simple et empreinte d'éblouissantes métaphores et à revendiquer une philosophie où se marient humanisme et aspirations révolutionnaires.

 

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