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Les plaisirs de l'aquarelle

L'autoportrait, du 16ème au 19ème siècles

 

Faire un autoportrait, c'est se représenter, de face ou de trois-quarts, le corps entier ou fragmenté, avec ou sans mise en scène, seul ou avec d'autres personnages.

Au 14ème siècle apparaît le miroir en verre, fabriqué par les Vénitiens vers 1380. Il remplace le miroir de métal poli, plus flou et permet aux artistes de se représenter de façon détaillée.

 

 

En 1893, un autoportrait d'Alfred Le Petit

 

 

XVIème siècle

 

Le miroir en verre se perfectionne, recouvert d'un amalgame d'étain-mercure, outil de prédilection des auto-portraitistes. Beaucoup utilisaient de petits miroirs, qui les contraignait à faire de simple buste d'eux même.

Dès le 15ème siècle, la technique du miroir de verre, qui ne nécessitait plus la présence de modèle, permet à l'autoportrait de s’imposer. L’artiste acquiert un nouveau statut social, témoigne de sa place dans la société et expose une partie de sa personnalité.

C’est le cas dans l’autoportrait de Dürer (ci-dessous), qui s'identifie au créateur à travers la figure du Christ, affirmant ainsi la noblesse de son travail et sa fonction de créateur.

 

 

 

Albrecht Dürer (1500) ; Raphaël (1506) ; Hans Holbein le Jeune (1542)

 

 

 Albrecht Dürer , maître allemand de l’autoportrait (1471-1528), à 29 ans.

Une pose frontale exceptionnelle pour un portrait et des similitudes avec les conventions de la peinture religieuse.

 

 Raphaël  (1482-1520), à 24 ans.

En buste, un regard mélancolique dirigé vers le spectateur. Il porte un habit simple commun aux portraits de l'époque. C'est l'un de ses rares autoportraits et l'unique où il apparaît seul.

 

 Hans Holbein le Jeune  (1497-1543), à 45 ans.

Un an avant son décès de la peste. Issu d'une famille de peintres, il étudia dans l'atelier paternel.

 

Les autoportraits féminins étaient extrêmement rares au 16ème siècle, une femme, ne pouvant pas étudier l'anatomie, restait cantonnée dans les genres jugés inférieurs : portraits et scènes de genre.

Les femmes artistes, qui ont réussi, étaient généralement formées par un parent proche.

 

 

 

Catherina Van Hemessen (1548) ; Sofonisba Anguissola (1554) ; Guiseppe Arcimboldo (1575)

 

 

 Catharina Van Hemessen  (1528-1587), à 20 ans.

Elle est élégamment vêtue, tenue destinée à indiquer son rang social. Formée par son père, peintre lui-même, car un autoportrait de femme est très inhabituel pour l'époque, d'autant plus un peintre avec ses outils.

 

 Sofonisba Anguissola  (1535-1625), à 22 ans.

L'un de ses premiers autoportraits. D'une famille de petite noblesse italienne, elle reçut une éducation culturelle et artistique. Peintre, elle se spécialise dans les portraits et son père gère les commandes.

 

 Guiseppe Arcimboldo  (1527-1593), à 48 ans.

En marge de son activité de portraitiste de la famille impériale, il réalise les fameuses séries anamorphiques des Quatre Saisons, des Quatre Eléments... qui suscitent admiration, respect et amusement de ses contemporains.

 

 

 

XVIIème siècle

 

L’autoportrait va devenir un outil d’introspection pour le peintre.

 

 

 

Judith Leyster (1630) ; Anthony Van-Dyck (1632) ; Johannes Gumpp (1646)

 

 

 Judith Leyster  (1609-1660), à 21 ans.

Censé être exécuté par Hals, vendu comme «fille de l'artiste», un autoportrait alors qu'elle faisait une étude de son père.

 

 Anthony Van-Dyck  (1599-1641), à 33 ans.

Se représente avec fierté, car il vient d’être fait chevalier et nommé “peintre principal de Sa Majesté” à la cour d’Angleterre.

 

 Johannes Gumpp  (1626-1728), à 20 ans.

Peintre autrichien, fils de l'architecte Christoph Gumpp, rendu célèbre par cet autoportrait.

 

 

 

Nicolas Poussin (1655) ; Rembrandt van Rijn (1655) ; Jean-Siméon Chardin (1771)

 

 

 Nicolas Poussin  (1594-1665), à 59 ans.

Un ami souhaitait un portrait de l’artiste, et fit appel à lui pour qu’il confie la tâche à un portraitiste de Rome. Mais, après réflexion, Poussin décida de le peindre lui-même.

 

 Rembrandt van Rijn  (1606-1669), à 51 ans.

L'œuvre, qui semble inachevée, présente le sujet comme étant marqué par l'expérience, représenté dans la dignité. Rembrandt est l'un des artistes les plus féconds, une centaine d’autoportraits livre un authentique journal de vie.

 

Pastel de  Jean-Siméon Chardin  (1699-1779), à 76 ans.

Il connaîtra plus de succès avec ces dessins au pastel que dans ses portraits à l'huile. Les connaisseurs avaient remarqué que, dans ses peintures à l'huile, l'artiste juxtaposait les pigments plus qu'il ne les mélangeait sur la palette.

 

 

 

XVIIIème siècle

 

 

Angelica Kauffmann (1775) ; Elisabeth Vigée Le Brun (1781) ; Jean-Baptiste Greuze (1799)

 

 

 Angelica Kauffmann  (1741-1807), à 34 ans.

Elle produira une œuvre abondante, pour les cours d’Italie, d’Allemagne, de Russie et la haute société anglaise. Dans cet autoportrait, elle se représente telle qu’elle souhaite passer à la postérité : une artiste, un crayon à la main, plutôt qu’une femme du monde.

 

 Elisabeth Vigée Le Brun  (1755-1842) à 26 ans.

Peintre très célèbre de son vivant, son œuvre, associée à Marie-Antoinette et Louis XVI va être oubliée.

La critique la plus sévère sera celle de Simone de Beauvoir : "Au lieu de se donner généreusement à l'œuvre qu'elle entreprend, la femme la considère comme un simple ornement de sa vie ; le livre et le tableau ne sont qu'un intermédiaire inessentiel, lui permettant d'exhiber cette essentielle réalité : sa propre personne...".

 

 Jean-Baptiste Greuze  (1769-1805), à 74 ans, aigri par ses déboires avec l’Académie et dans le privé. Il fut célèbre dans toute l’Europe, loin de l’hédonisme rococo de l'époque, sa peinture est la glorification des vertus bourgeoises, elle illustre un monde nouveau.

 

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